Le numérique change-t-il le travail en juridiction ?
On parle beaucoup de dématérialisation de la justice. Concrètement, est-ce que ça change le quotidien des greffiers et des magistrats ?
Oui, et de plus en plus. Nos équipes travaillent sur les applications métier, la communication électronique avec les avocats, les outils de visioconférence ou le poste de travail des agents. Mon rôle, c'est de faire le lien entre les utilisateurs et les développeurs : je passe du temps en juridiction pour comprendre les irritants, puis on priorise. Le plus gratifiant, c'est quand un greffier me dit qu'une nouvelle fonctionnalité lui fait gagner du temps sur une tâche répétitive.
Je confirme côté terrain : on est souvent sollicités pour tester les nouvelles versions. Il y a encore du papier, mais la part de numérique augmente chaque année, et les retours des greffiers sont écoutés. Dans mon service, deux collègues sont référents pour les nouveaux outils : ils testent, forment les autres et font remonter les difficultés. Le numérique ne remplace pas notre rôle à l'audience, mais il libère du temps pour l'accueil et la qualité des procédures. Et c'est une compétence qui se valorise dans une carrière.