Femmes et hommes dans les métiers de la justice
Est-ce que les métiers de la justice sont mixtes aujourd'hui ? Et est-ce que l'accès aux postes de responsabilité est le même pour les femmes et les hommes ?
Selon les métiers, la situation est très différente. Dans les greffes et la magistrature, les femmes sont aujourd'hui très présentes, et à la PJJ les équipes sont plutôt mixtes. L'enjeu se situe davantage sur l'accès aux postes d'encadrement, sur lequel le ministère travaille : il dispose d'une haute fonctionnaire à l'égalité entre les femmes et les hommes et d'Allodiscrim, un dispositif de signalement des discriminations présenté sur lajusticerecrute.fr. Dans mon unité, la mixité est une ressource : les jeunes ont besoin de figures variées.
Dans ma promotion de l'ENM, les femmes étaient majoritaires, et c'est le cas dans beaucoup de juridictions. Ce que j'apprécie, c'est qu'à concours égal, le parcours est le même pour tous : classement, choix de poste, avancement. La question de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale se pose pour toutes et tous, notamment avec les permanences. Dans ma juridiction, on s'organise collectivement pour les répartir équitablement, et les collègues pères prennent leur part. C'est un sujet dont on parle ouvertement.
Au greffe, on voit aussi de plus en plus d'hommes, et c'est très bien. Le métier n'a pas de genre : il faut de la rigueur, de l'écoute et le sens du service public. Dans ma promotion à l'École nationale des greffes, il y avait des profils de tous âges et de tous horizons, et c'est ce mélange qui rendait les simulations d'audience si vivantes. En juridiction, les justiciables ont aussi besoin de se sentir accueillis par des équipes qui leur ressemblent.